Retraite au Luxembourg : tout comprendre pour bien préparer votre futur
Au Luxembourg, la retraite repose sur un système à trois piliers : la pension légale (CNAP), les dispositifs complémentaires liés à l’employeur et l’épargne-retraite individuelle. Si vous cherchez “retraite Luxembourg”, c’est souvent pour comprendre à quel âge partir, comment la pension est calculée, et ce que change la réforme des pensions entrée en vigueur en 2026.
Dans cet article, vous trouverez une vue d’ensemble claire :
- les âges de départ (65 ans, anticipée sous conditions),
- le rôle de la CNAP et les notions clés (carrière, périodes assimilées, totalisation UE),
- les changements introduits par la réforme 2026,
- et les solutions pour compléter votre pension, notamment via un contrat d’épargne-retraite (déduction fiscale 111bis, dont le plafond a été relevé).
Objectif : vous aider à vérifier vos droits, anticiper votre budget et choisir les bons leviers, que vous soyez résident ou frontalier.
Comment fonctionne la retraite à Luxembourg ?
Qu'est-ce que la CNAP (Caisse nationale d'assurance pension) ?
Comment est calculé le montant de ma pension ?
Àquel âge peut-on partir à la retraite au Luxembourg ?
Quelles sont les conditions pour partir en retraite anticipée ?
Puis-je percevoir ma pension si je pars vivre à l’étranger à la retraite ?
Combien d'années faut-il travailler au Luxembourg pour avoir droit à une pension ?
Le cas particulier des frontaliers
Aurais-je besoin d'une épargne supplémentaire pour ma retraite ?
- Le premier pilier (obligatoire), géré par la Caisse nationale d'assurance pension (CNAP), correspond à la pension légale financée par les cotisations sociales.
- Le deuxième pilier, facultatif, est constitué par le régime complémentaire de pension mis en place par l’employeur. Il permet de compléter la pension légale grâce à des cotisations supplémentaires bénéficiant d'avantages fiscaux.
- Enfin, le troisième pilier représente l'épargne-retraite individuelle, comme le contrat de prévoyance-vieillesse, qui permet de se constituer un capital supplémentaire tout en profitant de déductions fiscales annuelles pouvant aller jusqu'à 4.500 euros par an et par contribuable.
Le 18 décembre 2025 la Chambre des députés a adopté le projet de loi qui modifie certaines régimes de pension.
Toutes les adaptations peuvent également être consultées sur le site de la CNAP.
Le taux global de cotisation retraite passe de 24% à 25,5%.
Cette hausse est répartie entre 3 contributeurs :
- Salarié : 8,5% (contre 8% auparavant).
- Employeur : 8,5% (contre 8% auparavant).
- État : 8,5 % (contre 8 % auparavant)
- En 2026 (à partir de juillet) : +1 mois (481 mois requis).
- En 2027 : +2 mois (482 mois requis).
- En 2028 : +4 mois (484 mois requis).
- En 2029 : +6 mois (486 mois requis).
- En 2030 et après : +8 mois (488 mois requis)
Les départs anticipés à 57 ans (basés sur 40 ans d'assurance obligatoire uniquement), les pensions pour travail posté ou de nuit, ainsi que les retraites à 65 ans ne sont pas concernés par cet allongement.
Introduction de la pension progressive dans le régime général : elle permet à un salarié remplissant les conditions de retraite anticipée (60 ans) de continuer à travailler à temps partiel tout en percevant une fraction de sa pension.
Auparavant, seules les années d'études effectuées entre 18 et 27 ans pouvaient être validées comme périodes complémentaires (dans la limite de 9 ans). Désormais, cette contrainte disparaît, offrant plus de flexibilité pour les parcours académiques longs ou tardifs.
Pour encourager les actifs à travailler jusqu'à 65 ans, un nouvel abattement fiscal appelé Abattement de Maintien dans la Vie Professionnelle (AMVP) est créé.
- Il s'adresse aux travailleurs qui remplissent les conditions de retraite anticipée mais choisissent de rester en activité.
- Le gain fiscal peut aller jusqu'à 9 000 € par an (750 € par mois) déductibles du revenu imposable.
Le plafond annuel de déductibilité fiscale pour les contrats de prévoyance-vieillesse individuelle (article 111bis LIR) est fortement revalorisé. Il passe de 3 200 € à 4 500 € par contribuable et par an dès 2026, afin d'inciter davantage à l'épargne personnelle.
Les modalités exactes dépendent de votre situation (carrière, âge, statut résident/frontalier). Pour une estimation officielle, référez-vous à la CNAP.
La Caisse nationale d'assurance pension (CNAP) est l'organisme compétent pour la gestion des pensions au Luxembourg. Elle gère les pensions de vieillesse, invalidité et survie.
La CNAP s'occupe de :
- Calculer et verser les pensions.
- Examiner des demandes de retraite anticipée.
- Prendre des décisions en fonction de la durée de cotisation et du pays de résidence des assurés.
Le système luxembourgeois établit le montant de la pension en tenant compte du nombre d'années cotisées et du montant des salaires perçus.
La Caisse nationale d'assurance pension (CNAP) met à votre disposition un service d'estimation à partir de 55 ans.
Vous pouvez également tester notre outil de simulation de pension en ligne.
Quelle retraite peut-on obtenir au Luxembourg ?
Le montant minimum de la pension s'élève au 1er janvier 2026 à 2.376,62 EUR et ne peut être supérieur à maximum 5 fois le salaire minimum de référence. Ce montant est régulièrement revalorisé pour tenir compte de l'évolution du coût de la vie.
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L'âge légal du départ à la retraite est de 65 ans. Cette règle s'applique à tous les salariés et travailleurs indépendants exerçant une activité professionnelle au Grand-Duché.
En revanche, pour prétendre à une retraite payée par le Luxembourg, vous devez justifier d'au moins 120 mois d'assurance auprès de la Caisse nationale d'assurance pension (CNAP).
Il est possible de partir en retraite anticipée dès 57 ans ou 60 ans selon votre situation et vos années de cotisation.
Au Luxembourg, bien que l'âge légal de la retraite soit fixé à 65 ans, il est possible de bénéficier d’une pension de vieillesse anticipée sous deux fenêtres d'âge distinctes, selon la nature et la durée de la carrière d'assurance.
Départ à 57 ans (Carrières longues)
- Condition de cotisations : l'assuré doit justifier de 480 mois (40 ans) de périodes d'assurance obligatoire.
Cette condition est très stricte car elle exclut les périodes complémentaires telles que les années d'études ou les années d'éducation des enfants (« baby years »). Ce dispositif n'est pas impacté par l'allongement de carrière prévu par la nouvelle réforme de 2026.
Départ à 60 ans
- Condition de cotisation actuelle : Il faut justifier d'un total de 480 mois (40 ans) d'assurance.
- Composition des cotisations : Contrairement au départ à 57 ans, ces 40 ans peuvent inclure des périodes complémentaires (études, baby years), des périodes d'assurance continuée, facultative ou d'achat rétroactif.
- Minimum obligatoire : Parmi ces 480 mois, l'assuré doit obligatoirement compter au moins 120 mois (10 ans) de périodes d'assurance obligatoire, continuée, facultative ou d'achat rétroactif.
Changements introduits par la réforme de 2026
À partir du 1er juillet 2026, les conditions pour la retraite anticipée à 60 ans deviennent progressivement plus exigeantes avec un allongement du stage requis :
- En 2026 (dès juillet) : 481 mois requis (+1 mois).
- En 2027 : 482 mois requis (+2 mois).
- En 2028 : 484 mois requis (+4 mois).
- En 2029 : 486 mois requis (+6 mois).
- En 2030 et après : 488 mois requis (+8 mois).
Pendant la période de votre pension anticipée et jusqu'à 65 ans, vous pouvez exercer une activité professionnelle sous certaines limites. Votre revenu mensuel ne doit pas dépasser un tiers du salaire social minimum pour éviter une réduction de vos prestations. Au-delà de ce plafond, le montant de votre pension sera ajusté en fonction de vos nouveaux revenus.
Oui, votre pension luxembourgeoise peut être versée à l'étranger. Toutefois, certaines démarches doivent être effectuées pour assurer la continuité des paiements et l'actualisation de votre situation :
- Vous devez informer la CNAP de votre changement de résidence.
- La CNAP demande régulièrement un certificat de vie pour vérifier que vous êtes toujours en droit de percevoir votre pension.
Pour avoir droit à une retraite payée par le Luxembourg, il faut avoir cotisé au moins 10 années en totalisant les périodes d’assurance réalisées au Luxembourg et, le cas échéant, dans d’autres pays de l’Union européenne ou ayant un accord avec le Luxembourg.
Si vous avez cotisé moins de 10 ans, vos périodes de travail luxembourgeoises seront prises en compte dans le calcul des droits de pension par les autres pays concernés, mais vous ne recevrez pas de pension distincte du Luxembourg.
Les travailleurs frontaliers bénéficient des mêmes droits à la retraite que les résidents luxembourgeois. La CNAP prend en compte l'ensemble des périodes cotisées dans les États membres de l'Union européenne pour l'ouverture du droit à pension.
Vous devez déposer votre demande de pension auprès de l'organisme de retraite de votre lieu d'habitation, plusieurs mois avant la date de départ à la retraite souhaité. Votre organisme national se chargera de coordonner avec la CNAP à Luxembourg.
Si vous avez travaillé dans plusieurs pays membres de l'Union européenne vous recevrez une pension partielle de chaque pays. Le montant de ces pensions et l'âge auquel vous pourrez les percevoir seront calculés selon les règles en vigueur dans chaque pays concerné.
Le montant de la retraite sera insuffisant pour maintenir votre niveau de vie. De plus le Luxembourg n'est pas à l'abri d'une réforme du système de retraite actuel. Il est donc nécessaire de prévoir un complément de revenus afin de pallier le manque à venir. Comment s'assurer de disposer de revenus suffisant au moment de la retraite ?
Il est possible de prévoir plusieurs solutions :
- Contrat d'assurance-vie épargne pension : le contrat d'assurance-vie épargne pension, fait partie du pilier 3, il vous permet de vous constituer un capital ou une rente pour la retraite tout en bénéficiant de déductions fiscales.
- Assurance-vie : les contrats d'assurance-vie restent de très bons outils à long terme. Ils permettent non seulement de se constituer une épargne pour la retraite tout en prévoyant déjà sa succession et peuvent même bénéficier de déductions fiscales sous certaines conditions.
- Investissements financiers : vous pouvez songer à investir sur les marchés financiers. Si vous investissez à long terme, vous pourriez tirer profit du potentiel de rendement élevé des marchés et d'un effet de capitalisation. Rapprochez-vous de votre conseiller financier de confiance pour en savoir plus.
- Immobilier locatif : acquérir un ou des biens pour percevoir des loyers réguliers est aussi une façon de générer des revenus supplémentaires.
- Être propriétaire de son logement principal : c'est un atout majeur pour préparer sa retraite car cela permet de réduire vos charges mensuelles une fois le crédit remboursé. Il est préférable de devenir propriétaire suffisamment tôt avant la retraite pour que le crédit soit soldé au moment de la cessation de votre activité professionnelle.
Préparer sa retraite au Luxembourg n’est pas seulement une question d'âge et de cotisations. Il s'agit aussi d'anticiper ses besoins financiers, de comprendre ses droits sociaux et d'envisager des solutions d'épargne adaptées. Il devient essentiel de s'y prendre le plus tôt possible. Prenez le temps de consulter un conseiller financier de confiance ou découvrez nos solutions d'épargne pour optimiser votre stratégie et vous assurer une retraite sereine.
Article initialement publié en janvier 2025 et mis à jour en 2026.
Oui, si vous avez travaillé au Luxembourg, vous avez droit à une pension luxembourgeoise, même si vous résidez à l'étranger. Si vous avez effectué l'intégralité de votre carrière au Grand-Duché, votre pension sera intégralement payée par le Luxembourg. En cas de carrière mixte, le Luxembourg paiera la part correspondant aux périodes travaillées sur son territoire.
En principe, vous devez déposer votre demande auprès de l'organisme de pension de votre pays de résidence. Cette caisse se chargera ensuite de coordonner la demande avec les autres pays où vous avez travaillé. Exception : si vous n'avez jamais travaillé dans votre pays de résidence, vous devez introduire votre demande dans le pays où vous avez travaillé en dernier lieu.
Il faut avoir cotisé au minimum 1 an (12 mois) au Luxembourg. De plus, pour ouvrir un droit à la pension, vous devez justifier d'un total de 10 ans (120 mois) d'assurance en cumulant vos périodes de travail dans toute l'Union européenne, l'EEE ou la Suisse (principe de totalisation).
L'âge légal de départ est fixé à 65 ans. Il est cependant possible de bénéficier d'une retraite anticipée dès 57 ans (si vous avez 40 ans d'assurance obligatoire) ou dès 60 ans (si vous avez 40 ans d'assurance en incluant des périodes complémentaires comme les études)
L'âge légal de 65 ans ne change pas. Toutefois, pour la retraite anticipée à 60 ans, la durée de carrière requise (actuellement de 40 ans) sera progressivement allongée à partir du 1er juillet 2026. Elle passera de 480 mois à 488 mois d'ici 2030 (+1 mois en 2026, +2 en 2027, +4 en 2028, +6 en 2029 et +8 en 2030). Les départs à 57 ans ou à 65 ans ne sont pas concernés par cet allongement.
Vous pouvez demander une simulation de vos droits à la pension légale directement sur le site de la CNAP (www.cnap.lu) à partir de 55 ans. Par ailleurs, les assurés reçoivent chaque année un relevé de carrière luxembourgeois s'ils ont été affiliés au cours de l'année précédente.
Oui, chaque État où vous avez travaillé au moins un an vous versera une pension proportionnelle à la durée de votre activité sur son territoire. Vous recevrez donc plusieurs pensions partielles correspondant à votre carrière mixte.
Oui, à partir du 1er janvier 2026, le plafond annuel de déduction fiscale pour la prévoyance-vieillesse individuelle passe de 3 200 € à 4 500 € par contribuable. Les frontaliers peuvent en bénéficier à condition d'effectuer une déclaration fiscale au Luxembourg. Pour les indépendants non-résidents, il faut également demander l'assimilation fiscale à un résident.